1. Vers quel psychologue se diriger ?

 

Lorsque le besoin s’en fait sentir, dans un moment de fragilité ou de vulnérabilité, se lancer à la recherche d’un psychologue pour une psychothérapie peut paraître une entreprise particulièrement éprouvante. 200 types de psychothérapies existent ! Vers quelle psychothérapie se diriger ? Vers quel psychothérapeute ou psychologue s’orienter ? Quand faut-il consulter un psychologue ? Combien de temps faut-il suivre une psychothérapie ?

Si l’on est perdu dans cette recherche, on peut se rassurer car trois conclusions s’imposent. En réalité, la majorité des psychothérapies bien menées donnent de bons résultats. Mais également, la réussite de la psychothérapie dépend d’abord et avant tout de la motivation et de l’engagement du sujet. Enfin, l’alliance thérapeutique qui s’établit entre le patient et son psychologue serait beaucoup plus déterminante pour prédire l’issue du traitement que la technique particulière utilisée par l’intervenant (aussi bizarre que cela ne puisse paraître).

De ce fait, lors du premier rendez-vous, je prends toujours une dizaine de minutes pour me présenter. Et au terme de notre première rencontre, je pose enfin la question de savoir si la personne en face de moi désire ou non cheminer ensemble. Il est évident que je ne puis recevoir des personnes qui n’auraient pas envie de venir en entretien, cela n’aurait pas de sens.

 

 

2. Quels résultats espérer quand on se rend chez un psychologue pour une psychothérapie ?

 

On peut affirmer sans risque que la psychothérapie peut contribuer à traiter efficacement et durablement plusieurs problèmes psychologiques comme la dépression, le trouble panique, l’anxiété, les troubles de l’alimentation et divers troubles de la personnalité.

Toute psychothérapie bien menée, peu importe la technique particulière utilisée par le psychologue ou le psychothérapeute, a de fortes chances de donner de bons résultats.

Une vaste étude menée dans les années 1970 a conclu que toutes sortes de thérapies, très différentes les unes des autres, démontraient pourtant une efficacité comparable face à des problèmes semblables. On a alors émis l’hypothèse fort plausible que des « facteurs communs » présents dans la majorité des psychothérapies menées par des psychologues reconnus pouvaient être à l’origine de ce qu’on appelle désormais « l’effet dodo ».

Depuis, plusieurs ouvrages scientifiques se sont penchés sur le phénomène. La plupart des chercheurs conviennent aujourd’hui de la validité de l’effet dodo. Mais pour qu’une psychothérapie donne de bons résultats, il faut que le psychologue détienne au moins une maîtrise universitaire ou une formation équivalente, que le traitement repose sur des principes psychologiques valables et que le problème du patient puisse raisonnablement être traité par une approche psychothérapeutique. Enfin, une éthique de travail, telle qu’elle est développée dans le Code de Déontologie du Psychologue (parue au Moniteur) ne peut que renforcer la garantie d’une efficacité.

Mais que la majorité des psychothérapies bien menées puissent être efficaces ne signifie nullement que toutes les psychothérapies soient équivalentes pour tout le monde. La plupart des psychologues conviennent aujourd’hui sur les quatre éléments qui sont primordiaux pour prédire l’issue d’une psychothérapie chez un psychologue :

  • L’implication et la détermination du patient (dans une proportion de 40 %).
  • La qualité de l’alliance thérapeutique entre le patient et le thérapeute (dans une proportion de 30 %).
  • La confiance en l’efficacité du traitement (incluant l’effet placebo) (dans une proportion de 15 %).
  • La spécificité de l’approche thérapeutique privilégiée (dans une proportion de 15 %).

Cela étant, il est important que la psychothérapie puisse correspondre aux attentes du patient, sans quoi cela aura une incidence négative sur l’implication personnelle du patient, sur la qualité de l’alliance thérapeutique avec le psychologue et sur la confiance ressentie entre le patient et son psychologue, réduisant d’autant les chances de succès.

Une étude étonnante a révélé une hypothèse intéressante quand on veut consulter un psychologue ou psychothérapeute : trop s’attacher à une technique particulière pouvait nuire à la qualité de l’alliance thérapeutique avec le psychologue et à l’issue de la thérapie. En effet, trente personnes souffrant de dépression ont été traitées par une thérapie cognitive. Le taux de succès de la psychothérapie a été évalué en fonction de 3 variables :

  • l’approche cognitive (l’accent mis sur les liens entre les modes de pensée et la dépression),
  • l’alliance thérapeutique,
  • l’implication du patient.

En réalité, il a été observé une nette corrélation entre les deux derniers facteurs et les chances de réussite de la thérapie, tandis que l’élément propre à la thérapie cognitive n’était pas un bon prédicteur de succès.

 

 

3. Faut-il être impliqué(e) suffisamment pour entreprendre une psychothérapie chez un psychologue ?

 

Lorsqu’un patient désire consulter un psychologue ou un psychothérapeute, on peut observer qu’en psychothérapie, l’implication et la détermination du patient déterminent 40 % de la part de réussite. On peut donc le relever : l’aspect le plus important de l’implication du patient (une notion qui englobe à la fois engagement et action) est son intention sincère de collaborer au processus thérapeutique. Ainsi, en psychothérapie, la bonne volonté, les efforts consentis et l’ouverture d’esprit du patient sont déterminants.

Des travaux scientifiques ont largement démontré que le rôle du patient est déterminant pour que se constitue une bonne alliance thérapeutique avec le psychologue. On y faisait aussi remarquer que la confiance et l’esprit de collaboration démontrés par le psychologue ou le psychothérapeute peuvent avoir une influence positive sur l’implication du patient dans sa psychothérapie. De plus, si le psychologue explique clairement à son patient que le processus exigera, de part et d’autre, de travailler avec vigueur et détermination, cela peut influencer favorablement les résultats du traitement de la psychothérapie. Le patient devra être ainsi motivé, participer activement à la psychothérapie et être prêt à faire face à d’intenses émotions.

 

 

4. L’importance du lien entre le patient et son psychologue ou son psychothérapeute

 

En psychothérapie, on peut affirmer que la qualité de l’alliance thérapeutique détermine 30 % de la part de réussite. On peut décrire l’alliance thérapeutique de la façon suivante :

  • dans un esprit de collaboration, le patient et le psychologue s’entendent sur leurs tâches respectives, et les considèrent comme importantes et pertinentes ;
  • les objectifs de la psychothérapie sont clairs, bien compris et endossés par les deux parties (patient et psychothérapeute).
  • un lien affectif basé sur la confiance, l’implication, l’acceptation ainsi qu’une grande empathie de la part du psychologue relient les deux personnes.

On a pu démontrer que plus l’alliance entre le patient et le psychologue est forte, meilleurs seront les résultats de la psychothérapie. Toutefois, le fait que le psychologue ou le psychothérapeute soit amical, ouvert ou accueillant n’est pas suffisant ; le patient doit également sentir qu’il est vraiment compris et que le psychologue est digne de confiance et tout à fait compétent.

Les principales qualités que devrait démontrer un psychologue pour susciter une solide alliance sont d’être souple, honnête, respectueux, digne de confiance, chaleureux, intéressé et ouvert. Cela étant, on a pu aussi observer en psychothérapie que l’utilisation de diverses techniques comme le soutien à l’expression des émotions, l’exploration et la réflexion sur le passé du patient ainsi que l’interprétation juste de ces observations contribueraient également à l’alliance entre le psychologue et son patient.

 

 

5. La confiance en l’efficacité du suivi en psychothérapie

 

On pourrait estimer que la confiance en l’efficacité du traitement en psychothérapie (incluant l’effet placebo) garantit 15 % de la réussite de la psychothérapie. Ce facteur dépend en partie de l’alliance entre le psychologue et son patient – qui est entre autres basée sur la confiance –, mais également d’une bonne compréhension de l’approche en psychothérapie. De fait, si l’on connaît bien la voie sur laquelle on s’engage dans la psychothérapie, si des gens crédibles nous l’ont recommandée, si l’on s’est assuré de la compétence du psychologue ou du psychothérapeute, tous ces éléments contribueront à générer une plus grande confiance dans la psychothérapie. Et la recherche a démontré que cette confiance pouvait être, en elle-même, une composante de la psychothérapie, au même titre que la technique privilégiée.

 

 

6. L’approche elle-même (le procédé utilisé par le psychologue)

 

En psychothérapie, la spécificité de l’approche du psychologue garantit 15 % du taux de réussite. Mais dans l’état actuel des recherches, il est difficile d’établir clairement si certaines approches en psychothérapie seraient plus efficaces que d’autres face à des problématiques particulières. Il est préférable de rechercher une forme de psychothérapie qui correspond à qui on est, à nos attentes, et même à nos convictions et à nos valeurs.

 

 

7. Pour quelles raisons faut-il consulter un psychologue ?

 

Généralement, on entreprend une psychothérapie pour :

  • cesser de souffrir psychologiquement (phobies, angoisses, anxiété, panique, déprimes récurrentes…).
  • régler des problèmes affectifs ou relationnels (obsessions, timidité, estime de soi, échecs amoureux…),
  • modifier des comportements qui nuisent au bien-être (stress post-traumatique, dépendances diverses, maux imaginaires, dysfonctions sexuelles…).
  • faire face à une crise existentielle (après quoi je cours?, réorientation de carrière…).
  • D’autres y ont également recours, non pas tant pour régler des problèmes spécifiques, mais pour acquérir de nouveaux outils afin de se réaliser pleinement ou pour améliorer l’adéquation entre leurs valeurs et la réalité de leur vie. Ils font appel à un psychologue à ce titre.

En réalité, les gens font surtout appel à un psychologue, à la psychothérapie quand ils n’arrivent plus à régler eux-mêmes des problèmes, apparemment solubles, qui leur empoisonnent la vie. Ils font alors appel à un psychologue ou un psychothérapeute. Cette difficulté serait attribuable à des facteurs tels que les « pensées ruminantes », le manque de perspective ou de vision d’ensemble, les habitudes trop bien ancrées et la déficience du soutien social.

On recommande de recourir à un psychologue ou un psychothérapeute quand :

  • Il devient difficile d’exécuter les tâches quotidiennes telles qu’aller travailler, prendre soin de soi et des enfants ou s’occuper de la maison.
  • On souffre d’un réel manque de compréhension, quand les gens nous évitent ou que l’on juge leurs conseils inutiles.
  • Il est difficile de surmonter une épreuve ou un traumatisme et que les solutions connues sont inefficaces.
  • Des émotions s’installent de façon constante (déprime, angoisse, colère, etc.).
  • Il existe des troubles du sommeil.
  • La vie semble ne plus avoir de sens et que l’on n’a pas d’espoir de changement.

Le psychologue définit la psychothérapie comme un traitement psychologique pour un trouble mental, pour des perturbations comportementales ou pour tout autre problème entraînant une souffrance ou une détresse psychologique qui a pour but de favoriser, chez le patient, des changements significatifs dans son fonctionnement cognitif, émotionnel ou comportemental, dans son système interpersonnel, dans sa personnalité ou dans son état de santé. Le lecteur le comprendra : ce traitement va au-delà d’une aide visant à affronter les difficultés courantes ou d’un rapport de conseils ou de soutien.

 

 

8. Mon approche

 

En tant que psychologue et que psychothérapeute (mais aussi sexologue), je rappelle tout d’abord mes formations : une licence universitaire (UCL) de psychologue obtenue avec distinction en 1988, une autre licence universitaire (UCL) de sexologue obtenue avec grande distinction en 1991 et, outre d’autres formations, une expérience professionnelle qui a débuté en 1991. J’appartiens à la Commission des Psychologues de Belgique, ce qui est une obligation légale en Belgique pour pouvoir exercer le métier de psychologue (mon numéro d’agrément est le suivant : 631 206 525).

Je travaille tantôt dans l’enseignement, tantôt j’assure des formations, tantôt j’effectue des suivis, et ce, depuis de très nombreuses années.

Mon approche de psychologue est avant tout humaniste. Cela implique donc plusieurs présupposés humanistes, mais pas tous. Le respect, l’accueil, la positivité et l’empathie sont des maîtres-mots. Mais il m’arrive de recourir régulièrement à des présupposés cognitivistes, comportementalistes, systémiques, voire psychodynamiques. En outre, je cherche toujours à aider le patient à trouver les pistes pour être « mieux » ; s’il a du mal à les percevoir par lui-même, je donnerai des repères très précis.

Je n’entame jamais de travail « en profondeur » si cela ne s’y prête pas. En effet, bien des patients s’estiment être contents du travail réalisé au terme de quelques consultations ; si tout se passe au mieux pour eux, nous en restons là et, pour reprendre une formule habituelle, « je reste à leur disposition ». Certains reviennent, même parfois quelques années plus tard, souvent pour autre chose. D’autres ne reviennent pas.

Ce qui est important aussi, c’est l’éthique proposée. Ne rien « forcer », faire très attention aux interprétations, ne pas juger, modérer mes interventions, mais aussi m’assurer que la personne qui est en face de moi peut encore « naviguer » seule ou non (dans le second cas, je suis beaucoup plus interventionniste).

Malheureusement, et je tiens à ce que cela soit verbalisé à chaque nouvelle situation, je ne peux m’engager à garantir un résultat. Disons que beaucoup de gens, depuis toutes ces années de pratique professionnelle, ont été très contents du travail réalisé. Mais il arrive parfois aussi que, pour des raisons précises, le travail n’aboutit pas ; dans ce cas, je garantis toujours un relais vers un autre psychologue. Je me suis toujours refusé cette phrase : « Je ne peux plus rien pour vous ».